Quand on parle d'horizontalité, on évoque le fait d'adopter une position horizontale sur le côté. Pour cela, le corps doit effectuer un roulis: c'est le mouvement qui consiste à faire basculer le corps d'un côté sur l'autre.
Pour un débutant, il est important de maîtriser ce roulis car il va lui permettre:
- de mieux maîtriser la position horizontale sur le côté: il est plus facile de flotter horizontalement en se positionnant légèrement sur le côté, plutôt que sur le ventre,
- d'augmenter son allonge: en roulant le corps, cela permet d'aller chercher un peu plus loin avec la main devant soi que si l'on nage le ventre et les épaules à plat,
- de mobiliser des muscles plus intéressants à utiliser que d'autres en crawl car plus nombreux et surtout plus puissants: le roulis des épaules va permettre d'utiliser non pas tant les muscles de l'épaule pour bouger son bras mais les dorsaux et les pectoraux, ce qui sera beaucoup plus puissant et efficace,
- de pouvoir nager en utilisant son poids comme moteur, au moins partiellement: le roulis va consister à faire passer son poids d'un côté et de l'autre; cela va générer une force de traction en retour au travers du bras d'appui (si le placement du bras est correct et le timing du nageur également).
Quelques trucs:
- au départ, ne pas hésiter à forcer le roulis en cherchant à pointer son nombril vers les côtés du bassin;
- penser à bien utiliser son bras avant pour bien équilibrer son roulis;
- bien penser à ne pas croiser le bras devant soi (le bras ne doit pas croiser la ligne médiane du corps ;
- la main droite ne doit pas se retrouver du côté gauche du corps et vice-versa) et en cherchant à tendre le bras droit dans l'axe de l'épaule ou très légèrement sur le côté.
Roulis ou torsion ? That is the question !
Pour prendre conscience de l'énergie élastique que l'on peut accumuler grâce à la torsion du haut du corps, l'éducatif du "requin" est particulièrement intéressant: avec une planche coincée entre les jambes, nager avec un fort roulis des épaules tout en veillant à faire osciller la planche le moins possible en fixant le bassin. On sent alors la tension dans la chaine abdos + dorsaux juste avant l'appui de la main dans l'eau et la force cinétique en retour.
La quatrième composante d'un bon crawl c'est la rigidité du corps. Imaginer un bateau désarticulé composé de trois parties indépendantes juste reliés par un fil; en mouvement, ce bateau passerait
son temps à partir dans tous les sens soumis aux différentes forces qu'il rencontrerait. Afin d'éviter trop de déperdition d'énergie, il faut que le corps soit tonique et rigide. C'est
particulièrement important en ce qui concerne la partie basse du tronc qui constitue le lien entre les bras et les jambes, les deux éléments propulseurs du nageur et cela va de pair avec une
bonne allonge. Cette tonicité va s'avérer d'une grande importance dans la phase de propulsion.
Quelques trucs:
- bien penser à se grandir dans l'eau;
- penser de temps en temps à forcer la contraction des abdominaux pour bien saisir l'effet de cette contraction sur la rigidité du corps; c'est un éducatif: il ne s'agit pas de nager en temps
normal avec les abdos trop contractés.
- nager un pull-buoy coincé entre les chevilles (et non pas les cuisses comme on le voit souvent); cela oblige à bien garder les abdos tendus.
La respiration doit s'intégrer dans la recherche d'hydrodynamisme. Le timing de la respiration doit être en phase avec le roulis des épaules et du haut du corps. La tête n'a dès lors pas besoin
de se relever pour respirer. Cela permet à la tête de rester près des épaules même durant l'inspiration et donc d'éviter trop de perte d'hydrodynamisme. Il faut expirer dans la mesure du possible
tout le temps de l'immersion de la tete dans l'eau afin de pouvoir remplir ses poumons le plus possible lors de l'inspiration : la nature a horreur du vide: si vos poumons sont vides, ils se
rempliront quoiqu'il arrive.
Quelques trucs:
- penser à bien s'allonger sur l'eau: pour cela, nager avec un certain décalage dans le timing des bras peut être intéressant : on parle de nage en semi-rattrapé: dans ce type de
nage, alors que le bras avant est allongé devant, l'autre bras est encore lui aussi devant la tête; cela a pour effet d'augmenter la durée pendant laquelle le nageur est le plus allongé sur
l'eau.
- penser à coller votre épaule au bord de votre menton lorsque le bras est tendu devant: le fait de bien utiliser la souplesse de l'articulation de l'épaule pour amener l'épaule au dessous de son
tronc permet de réduire très sensiblement la surface frontale d'avancement du nageur. Il faut chercher à fermer au maximum l'espace entre l'extrémité de l'épaule et le visage.
- se forcer à inspirer un tout petit peu de temps après le moment dicté par votre instinct. Naturellement le nageur cherche à inspirer relativement rapidement une fois que la main avant entame sa
poussée dans l'eau; or, à ce moment, l'épaule n'est pas encore en phase haute dans le roulis; le nageur doit donc légèrement dégager sa tête. Le fait de s'appliquer à attendre quelques dixièmes
de secondes pour chercher l'inspiration permet d'inspirer en bénéficiant au maximum du roulis et de la vague générée par le nageur. Penser à garder la tête le plus possible collée à l'épaule
sous-marine durant cette phase.
Photo: illustration d'une nageuse collant son épaule à sa joue en face d'extension avant, avec une expiration par le nez.
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